Témoignage : Lamia

33 ans, les poursuites devenues un signe d’émancipation et de soutien à sa famille
Lamia* est arrivée en Suisse à l’âge de 3 ans, ses parents ayant dû fuir leur pays d’origine. Ses parents ont pu bénéficier de l’aide sociale, mais n’ont jamais appris à gérer leurs finances. Pour s’en sortir, le père contractait des prêts ou des leasings au nom des enfants dès leurs 18 ans révolus. C’est devenu à ce point la norme que lorsque Lamia reçoit sa première poursuite, c’est pour elle le signe de l’émancipation et du soutien qu’elle pouvait apporter à sa famille. Elle en était presque heureuse.

Mais le père quitte la famille, laissant sa femme et ses quatre enfants croulant sous les dettes et les poursuites.

Il est difficile pour Lamia de s’épanouir dans cette situation qui impacte aussi ses relations privées.Elle réussit un apprentissage de commerce et trouve un emploi fixe dans une banque de la région malgré ses poursuites, son employeur choisissant de lui donner une chance.

Elle saisit cette chance et ose demander de l’aide à Caritas Vaud. Nous sommes en 2019, Lamia doit rembourser plus de CHF 50'000.-.
C’est un vrai soulagement lorsqu’elle reçoit l’extrait de l’Office des poursuites avec la mention « vierge » ; à 33 ans, Lamia va enfin pouvoir envisager un avenir serein et se construire une famille.

Lamia a envie de transmettre sa reconnaissance à toutes les personnes de Caritas Vaud qui l’ont aidée « quand je me sentais découragée, leur compréhension, leur patience et leurs encouragements m’aidaient à me relever. Et je me disais, pour ne pas baisser les bras, que je n’étais pas la seule dans cette situation, que beaucoup de personnes s’en étaient sorties, alors pourquoi pas moi ? Et si les professionnelles de Caritas Vaud croyaient en moi, je me devais moi aussi de croire en moi ! »

*nom d’emprunt